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Comment se passer du gaz ?

24 mars 2022

Près de 50% du gaz français est utilisé dans le bâtiment.

Plus précisément, la production d’électricité et de chaleur dans vos bâtiments est la première utilisation du gaz naturel.

Or, la consommation de cette source d’énergie pose problème.

Entre conflit armé en Ukraine et crise climatique, les inquiétudes se font ressentir.

5 minutes pour comprendre les grands enjeux du gaz naturel et ses alternatives

Le gaz naturel, pourquoi tout le monde en parle ?

 

Très utilisé pour le chauffage, la cuisson ou les eaux chaudes sanitaires, il s’agit de la principale source d’énergie au monde.

1 – Le gaz est une substance chimique combustible

 

C’est une énergie primaire fossile

 

  • Formée par la désagrégation de matières organiques enfouies sous le sol terrestre ou marin il y a plusieurs million d’année
  • Qui dit énergie fossile, dit quantité limitée

Composition chimique

  • Classé dans la famille des hydrocarbures
  • Son principal constituant est le méthane : CH4
  • Il peut aussi contenir des gaz inertes comme l’azote ou le CO2 ou des éléments sous forme de traces
  • La composition dépend de son origine et influence son pouvoir calorifique
  • Par exemple, plus il est riche en azote, plus il aura un pouvoir calorifique élevé (quantité de chaleur libérée par la combustion du gaz)
  • On parle de gaz de type B : bas pouvoir calorifique, venant des Pays-Bas par exemple
  • Ou de type H : haut pouvoir calorique, venant de Russie ou Algérie
  • C’est le type H qui alimente près de 90% de la France en gaz

2 – Le gaz est issu de l’exploitation d’un gisement

 

  • Ce mélange gazeux est naturellement présent dans certaines roches poreuses que l’on trouve sous forme de gisements
  • Les étapes avant de pouvoir l’utiliser pour chauffer votre bâtiment sont les suivantes :

 

1 – Analyse des gisements découverts

2 – Extraction du gaz par forage sur terre ou sur des plates-formes marines

3 – Traitement et épuration du gaz = on retire les composantes de CO2 et de Soufre

4 – Transport du gaz jusqu’au réseau de distribution

5 – Ajout du tétrahydrothiophène, un produit odorant pour détecter les fuite

A ne pas confondre avec :

 

  • Le gaz de ville : composé de dihydrogène et de monoxyde de carbone, il est de plus faible pouvoir calorifique et très dangereux (présence de monoxyde de carbone néfaste pour la santé), il est donc de moins en moins utilisé
  • Le propane : d’une autre composition chimique, il est aussi utilisé en énergie de chauffage ou cuisson et usages extérieurs
  • Le biogaz : il est produit par la fermentation de matières organiques en absence d’oxygène, comme la méthanisation. Il est composé de méthane, mais aussi de CO2. Il s’agit d’un gaz et d’un combustible comme le gaz naturel, mais ce n’est pas une énergie fossile.

3 – Les gaz est une source d’énergie convoitée

 

Comme toutes les énergies fossiles, les gisements de gaz ne sont pas également répartis à la surface de la planète.

Les cinq pays disposant des plus importantes réserves de gaz au monde sont :

  • la Russie (19,9% des parts mondiales)
  • l’Iran (17,1%)
  • le Qatar (13,1%)
  • le Turkménistan (7,2%)
  • les Etats-Unis (6,7%)

(source : Statistical Review of World Energy 2021)

Cette carte du monde permet d’identifier les zones productrices de gaz naturel dans le monde, dont les quatre pays majoritaires.

Bien que les chiffres aient évolué depuis 2013, la tendance reste la même.

Zoom sur la France :

  • La France est un pays importateur et non producteur
  • Les frais liés aux importations sont intégrés dans les coûts d’approvisionnement et donc sur le tarif réglementé du gaz naturel
  • Cette importation se fait soit via un réseau de gazoducs, des canalisations dédiées au transport du gaz sous pression sur de longues distances venant de Russie et d’Europe du Nord
  • Soit via un transport par bateau sous forme de gaz naturel liquéfié, pour le reste du monde
  • Pour répondre aux besoins en gaz des français et minimiser les risques, la France utilise deux stratégies :

1 – Faire appel à des fournisseurs fiables et diversifiés : en 2015, quatre fournisseurs principaux ont alimenté le marché français en gaz :

la Norvège (42%), la Russie (11%), les Pays-Bas (11%) et l’Algérie (9%)

2 – Avoir une stratégie de stockage sur le territoire pour faire face à d’éventuelles pénuries

Face au conflit armé en Ukraine, la stratégie française est pourtant confrontée à ses limites

 

4 – Le gaz, un fantôme du passé ?

 

Nous faisons face au défi de transition énergétique, auquel le gaz ne peut pas répondre.

Bien qu’étant le combustible le plus “propre” si on le compare aux autres énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon

  • Sa consommation émettant 30 à 50% de CO2 de mois que les autres combustibles et son transport étant moins consommateur d’énergie

Le gaz naturel reste un important émetteur de Gaz à Effet de Serre 

  • Par son approvisionnement, son transport et sa combustion

 

D’un point de vue économique, ce n’est pas plus joyeux pour le gaz.

  • Son prix fluctue sans cesse
  • Ce graphique compare le prix du gaz chaque année à une référence placée à 0%
  • Bien avant la crise de 2022, le prix du gaz passait par exemple de 15,9 % en 2008 à -11,3% en 2009

Pourquoi ?

  • La loi du marché s’applique simplement : l’offre diminue donc le prix augmente
  • Or, une énergie fossile ce n’est pas éternel. Nous arrivons au bout de nos réserves
  • Le stock de gaz s’épuise, nous n’avons pas d’alternative, donc le prix augmente
  • Nous avons atteint le pic de production du gaz conventionnel en 2007 et du gaz non conventionnel en 2018
  • On parle de gaz conventionnel lorsqu’il est facile à extraire et peu cher, de gaz non conventionnel s’il est compliqué à extraire et cher, comme le gaz de schiste ou l’off-shore

Entrent en jeu les tensions politiques.

  • S’ajoute à ça le conflit armé en Ukraine actuel
  • L’Europe est complètement dépendante de la Russie puisqu’un tiers de son énergie vient de là-bas

L’Union Européenne a annoncé sa volonté de

  • réduire de 2/3 sa consommation de pétrole et de gaz russe
  • couper la Russie du système de paiement SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Télécommunication)

Clément Beaune, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères reconnaît la dépendance française et européenne à l’égard du gaz Russe

  • “Nous sommes dépendants au gaz Russe, nous finançons à travers cela l’appareil de guerre russe”
  • “Il ne faut pas juste décréter qu’on a plus besoin mais trouver des solutions écologiques”

Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique : “ce qu’on doit faire c’est de baisser nos dépendances sur le gaz et sur le pétrole Russe

L’utilisation de verbes de modalisation comme vouloir, falloir, croire est révélatrice. Ce sont des verbes qui décrivent des possibilités plutôt qu’une réelle décision qui va être appliquée


Comment réduire sa facture et la dépendance aux énergies russes aujourd’hui ?

 

Voici plusieurs façons de gagner tout de suite quelques euros sur la facture :

1 – Baisser son chauffage de quelques degrés

 

  • Se chauffer de 3 degrés de moins = réduire sa facture de 20%
  • 1 degré de moins = 7% d’économie (pour les bâtiments de consommation moyenne en France). En passant de 20 à 17 degrés dans vos bâtiments, vous économisez donc 20% de vos factures

2 – Penser sobriété énergétique

 

  • Pour consommer moins, il faudrait peut-être juste consommer moins ?
  • C’est la notion de sobriété énergétique, définie par Carbon 4 comme de la “rationalité dans nos usages énergétiques démesurés”
  • Les exemples sont nombreux dans toutes les sources d’énergies utilisées à outrance : utiliser le vélo plutôt que la voiture sur des courts trajets, modifier l’organisation collective pour faciliter les efforts individuelsAvec une prise de recul…

Avec une prise de recul…

 

1 – Baisser le chauffage de 3 degrés ne revient qu’à une économie d’énergie globale sur le PIB de 3%

 

  • En effet, si on prend pour chiffres que le chauffage représente 60% de la consommation énergétique du bâtiment qui lui même représente 25% de nos consommations totales
  • On arrive à seulement 3% du PIB, on est bien loin des économies prévues pour cesser la dépendance aux énergies russes
  • De plus, descendre en dessous de 16°C peut être un réel inconfort thermique

Tout dépend de la sensibilité de chacun bien sûr, mais pour exemple, les logements collectifs ont interdiction de descendre sous 19°C

 

2 – Une décroissance européenne drastique

  • Cette courbe représente la croissance économique (mesurée au travers de la performance des marchés) en fonction de la consommation d’énergie
  • Les paramètres de croissance économique et de consommation d’énergie sont strictement proportionnels avec une corrélation de 99,4 %, ce qui est rarement aussi précis
  • La croissance économique est une expression directe de l’énergie que l’on peut consommer

Qu’est-ce que ça veut dire ?

  • L’Intelligence humaine (l’innovation ou le gain de productivité) ne représente que 1,5%/an de la croissance économique
  • A consommation égale, la croissance serait de 1,5 % par an
  • Se passer de l’énergie russe (1/3 de nos consommations) nous amène à une baisse de la consommation d’énergie et donc de la croissance économique estimée entre 20% et 30%
  • La décision politique du gouvernement aurait peut-être du mal à passer… rappelons que la crise des gilets jaunes était avec un prix de l’essence à 1,40 euros/L
  • La sobriété énergétique est l’un des 3 leviers de réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • Mais, il ne peut fonctionner seul
  • L’efficacité énergétique et l’Energie Bas-Carbone sont deux leviers indispensables

En quoi le chauffage de vos bâtiments répond à la problématique du gaz naturel ?

1 – Le Grenelle de l’environnement et le rapport de Meadows

Le Grenelle de l’environnement est une loi de programmation porté par Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat en 2007. Elle rassemble plusieurs acteurs entrant en jeu dans les questions environnementales et propose des objectifs ambitieux pour atteindre en 2050 une émission de gaz à effet de serre divisée par 4.

 

  • Son bilan est contrasté dans de nombreux secteurs comme l’industrie, le transport ou l’agriculture ou il faut forcément passer par une phase de décroissance forcée
  • En revanche, dans le secteur du bâtiment, le Grenelle a réellement accéléré la réglementation thermique
  • Faire des économies d’énergie significatives dans le secteur de l’industrie passe forcément par une baisse de la production et donc de la croissance
  • Pour le transport, économiser passe par rouler moins vite, moins loin ou avec moins de poids
  • Pour l’agriculture, il existe des solutions intéressantes comme la permaculture ou la culture verticale mais pour ça il faudrait que 30% de la population active retourne dans les campagnes pour produire

 

Le secteur du bâtiment peut faire une vraie différence en passant par l’isolation thermique et la rénovation thermique

Revenons à l’aspect économique en étudiant le rapport Meadows

 

  • Ce rapport a été publié par le Club de Rome en 1972
  • C’est une référence lorsqu’on s’intéresse aux conséquences écologiques de la croissance économique, à la limitation des ressources et aux évolutions démographiques

Qu’est-ce qu’il nous apprend ?

 

1 – Entre 1970 et 2010, les prévisions du modèle, bien que simples, sont très pertinentes. On peut les comparer aux courbes réelles pour s’en rendre compte

2 – La production de services passe un pic vers 2020 dans les prévisions de ce modèle : nous sommes dans une phase très délicate de transition énergétique que nous n’avons pas encore commencé

 

  • En effet, nous sommes plutôt dans une phase d’additivité énergétique que de transition
  • L’éolien ou le solaire viennent en fait en complément au gaz et non pas en remplacement
  • On ne substitue pas les énergies mais on les additionne

2 – Le chauffage de nos bâtiments : un réel levier d’action

 

  • Les arguments climatiques, économiques et politiques s’accordent à la même conclusion : nous devons nous passer du gaz naturel
  • Le bâtiment a un poids considérable dans le mix énergétique du gaz et ferait donc une différence

 

Mais comment ?

 

Le défi est clair : être en mesure de contrôler la température de nos bâtiments, notamment via l’isolation, et avoir des moyens de production d’énergie (chauffage et climatisation) à la hauteur.

  • Pour l’isolation, les difficultés sont : trouver des matériaux peu énergivores, l’incertitude des résultats après travaux, les difficultés techniques et le coût financier
  • Il arrive un point où l’isolation est optimisée et il faut faire jouer d’autres paramètres comme le type de chauffage
  • Pour la production d’énergie, le challenge est à l’innovation
  • Des mesures gouvernementales de plus en plus strictes s’appliquent aux bâtiments pour relever le défi

Qu’est ce qui existe ?

  • De nombreux modes de chauffage alternatives au gaz existent : électricité, PAC aérothermique, biomasse
  • La géothermie est une source d’énergie inépuisable, verte, renouvelable et non intermittente

On peut utiliser la Terre comme une batterie avec le stockage inter-saisonnier

  • On récupère l’énergie thermique partout où elle est disponible, notamment là où elle serait normalement inutile : notamment la chaleur perdue des équipements de climatisation ou de processus industriels
  • On la réutilise quand elle est nécessaire en plein hiver pour se chauffer

L’intelligence Artificielle et le Machine Learning permettent d’optimiser notre utilisation de chauffages pour diminuer les pertes

Réduisez jusqu’à 80% d’énergie finale et 95% d’émissions de CO2

 

La transition énergétique est prête, nous pouvons vous y accompagner

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