Chauffage : quel système choisir pour votre bâtiment ?

09 mars 2022

Le bâtiment s’impose en France comme le premier consommateur d’énergie.

Le bâtiment, c’est 45% de la consommation d’énergie finale du pays et 27% des émissions de CO2.

 

La raison principale : le chauffage. Le chauffage et la climatisation, c’est 2/3 de l’énergie consommée par les bâtiments tertiaires et plus de 75% des émissions de CO2.

 

 

Avertissement : Aucun système de chauffage n’est complètement neutre du point de vue écologique puisque sa construction, son transport, ou son fonctionnement auront forcément un bilan carbone.

 

Cependant, l’impact écologique varie d’un type de chauffage à l’autre : soit par l’utilisation d’énergie dont l’extraction ou la production est polluante (gaz, fioul ou électricité d’origine nucléaire), soit parce que son fonctionnement génère du carbone ou des particules fines.

 

 

Décryptons ensemble les types de chauffage.

1. Le chauffage au gaz : La Fausse Bonne Idée – 227 gCO2e/kWh

Comment ça marche ?

La combustion. Le gaz (naturel, propane ou butane) brûle dans votre chaudière, chauffant de l’eau qui va partir dans vos canalisations, et être diffusée par le biais de radiateurs à eau chaude par exemple.

 

Avantages ?

  • Bons rendements, ce qui explique que ce mode de chauffage ait été pendant longtemps le plus utilisé en France
  • Facilité de remplacement d’une chaudière existante par un modèle équivalent

 

Inconvénients ?

  • Le gaz naturel est une énergie fossile. Certes, il s’agit de l’hydrocarbure la plus propre (face au charbon ou au pétrole, ce n’est pas si complexe) mais l’approvisionnement, le transport et la combustion du gaz restent à l’origine d’importantes émissions de dioxyde de carbone (CO2).
  • La pose de chaudières à gaz dans les bâtiments neufs est interdite depuis le 1er janvier 2022 d’après la RE 2020, en raison de son impact environnemental
  • Nous le constatons actuellement, le prix du gaz peut évoluer chaque mois puisqu’il dépend de son fournisseur ; en France, 99% de notre consommation de gaz est importée dont 17% de Russie.

 

 

2. Le chauffage au fioul : Le Grand Perdant – 324 gCO2e/kWh

Comment ça marche ?

Là encore, combustion. La chaudière brûle du fioul pour chauffer de l’eau dont elle retransmet la chaleur. Les modèles de chaudières à condensation récupèrent une partie de la chaleur avant son évacuation, ce qui permet un rendement supérieur de 20 % par rapport à un équipement classique.

Avantages ?

On cherche encore…

 

Inconvénients ?

  • Besoin d’espace pour installer la cuve
  • Prix très fluctuant lié à l’évolution du prix du baril de pétrole
  • Besoin d’un entretien annuel de votre cuve par un professionnel
  • Interdiction de l’installation de chaudières au fioul dans les bâtiments neufs (RE2020)
  • Obligation pour tous les nouveaux équipements de chauffage de respecter un plafond de 300 g d’équivalent CO2 / KWh. Et là, on est au dessus.

 

 

Bien qu’étant très populaires, le chauffage au gaz et le chauffage au fioul dépendent de sources d’énergies fossiles dont les prix ne vont faire qu’augmenter. Par ailleurs, la réglementation sur ces types de chauffage va devenir de plus en plus contraignante, en raison de leur forte contribution au réchauffement climatique.

 

 

3. Le chauffage électrique : Le Cancre – 147 gCO2e/kWh

Comment ça marche ?

L’effet Joule. Quand le courant électrique traverse un conducteur, il produit un effet thermique qui se traduit par une augmentation de la température du conducteur.

Avantages ?

  • Facile d’installation, pratique, pas d’entretien
  • Large choix de types de chauffages

 

Inconvénients ?

  • Mauvais confort thermique
  • Mode de chauffage seulement et non de climatisation ; il faut donc investir dans un autre système complémentaire pour la saison chaude
  • Consommation très élevée, donc mode de chauffage très cher et contribution au réchauffement climatique

 

La France est dans le top 3 (Après la Suède et l’Islande) des pays européens qui émettent le moins de gaz à effet de serre pour produire de l’électricité avec 56g d’équivalent de CO2 par kWh produit contre 255g en moyenne pour les 27 pays européens.

 

Cependant, la France est loin derrière la Suède, pour qui 60% de l’énergie produite vient des énergies renouvelables (soit 3 fois plus qu’en France), pour un chiffre record de 12g de CO2 par kWh. Bref, on a une bonne marge de progression…

 

 

Nous arrivons enfin dans la catégorie des lauréats avec les énergies renouvelables. Sources d’énergie inépuisables et à faibles émissions de CO2, elles s’imposent comme la solution d’avenir.

 

 

4. Le chauffage solaire : Accessible mais Insuffisant

Comment ça marche ?

Les rayons du soleil permettent de se chauffer gratuitement lorsque le bâtiment  est aménagé dans le respect de la conception bioclimatique (orientation des pièces, emplacement des ouvertures, etc…). On peut aussi installer des panneaux solaires thermiques (attention, rien à voir avec les panneaux photovoltaïques qui convertissent l’énergie solaire en électricité).

Avantages ?

  • Energie propre, renouvelable et qui ne produit pas de gaz à effet de serre

 

Inconvénients ?

  • Investissement financier important au départ
  • Intermittent ; il pointe le bout de son nez quand il l’a décidé, et ce n’est pas souvent en plein hiver
  • Réponse partielle : le solaire couvre entre 50 et 80 % de vos besoins en eau chaude sanitaire et entre 25 et 60 % pour le chauffage, grâce aux systèmes solaires combinés ; il vous faudra donc investir dans un système d’appoint
  • Mode de chauffage seulement et non de climatisation ; il faut donc investir dans un autre système complémentaire pour la saison chaude

 

 

5. Le chauffage au bois : La Bonne Idée Non Aboutie 30 gCO2e/kWh

Ces dernières années, les ventes de ce type de produit ont connu une forte augmentation. Le nombre d’appareils vendus est ainsi passé de 200 000 en 2004, à plus de 500 000 en 2019.

 

Comment ça marche ?

Les poêles à bois et les chaudières sont alimentés avec des plaquettes, des pellets ou encore des granulés fabriqués à partir de sciure de bois : la biomasse.

Avantages ?

  • Performance élevée : elle couvre jusqu’à 95 % des besoins d’un bâtiment, son utilisation exclusive peut donc être envisagée. Se chauffer au bois, c’est faire appel à un système performant.
  • Ecologique, lorsque les combustibles utilisés sont de bonne qualité. L’Ademe estime que le bois dégage en effet 12 fois moins de CO2 qu’un chauffage au fioul et 6 fois moins qu’une installation au gaz

 

Inconvénients ?

  • Combustion, donc production de CO2
  • Le chauffage au bois est responsable d’une grande part de la pollution aux particules fines, la même qui sort du 4×4 diesel de votre voisin : en 2018, le chauffage au bois domestique était responsable de 43% des émissions nationales en particules PM2,5 et plus de la moitié des particules très fines PM1,0.
  • La qualité de la combustion dépend donc de la performance de l’appareil et de la qualité du combustible
  • Nécessite un approvisionnement régulier en bois et donc beaucoup de manutention ainsi que de plus en plus de km pour s’en procurer
  • Si se chauffer au bois près d’une forêt peut sembler malin, se chauffer au bois à 200km avec un transport conséquent, un peu moins…
  • Mode de stockage contraignant, dans un espace sec et couvert
  • Mode de chauffage seulement et non de climatisation ; il faut donc investir dans un autre système complémentaire pour la saison chaude

 

 

6. La Pompe à Chaleur (PAC) : une alternative économique et écologique – 49 gCO2e/kWh

C’est un système qui fait de plus en plus d’adeptes, notamment pour les installations neuves. Mais vous pouvez également l’installer dans votre bâtiment ancien. Il existe plusieurs sortes de pompes à chaleur : aérothermiques, géothermiques ou même à stockage inter-saisonnier que nous allons détailler par la suite.

Comment ça marche ?

Une pompe à chaleur extrait les calories (l’énergie) contenues dans un milieu froid pour les transporter vers un autre milieu, plus chaud. En bref : on refroidit le froid et on réchauffe le chaud.

En France, tout le monde a déjà une PAC chez soi : le réfrigérateur. Passez votre main derrière et vous verrez qu’il chauffe l’extérieur en refroidissant l’intérieur.

 

Avantages ?

  • Une PAC vous permet de diviser votre facture d’énergie par trois en moyenne
  • Energie non polluante, gratuite et inépuisable. Les fluides frigorigènes qui circulent à l’intérieur du circuit deviennent également de plus en plus écologiques
  • Ca sert à la fois l’hiver comme chauffage ET l’été comme climatisation et c’est LE SEUL de ce classement.

 

Inconvénients ?

  • Les performances peuvent être plus faibles à partir de -10°C, -20°C
  • Le coût financier de l’installation non négligeable

 

 

6. A) PAC aérothermique

Comment ça marche ?

L’aérothermie consiste à récupérer les calories qui se trouvent dans l’air pour chauffer un logement en installant une pompe à chaleur “air-air” ou “air-eau”

Pour la PAC air-air : les calories sont directement diffusées dans les pièces à chauffer. Elle est également appelée climatisation réversible puisque elle produit de l’air chaud mais aussi de l’air froid.

Pour la PAC air-eau : les calories captées alimentent un circuit. La PAC permet de chauffer ou de refroidir son bâtiment par diffusion de chaleur ou de froid au sol et de chauffer son eau sanitaire.

 

Avantages ?

  • Source d’énergie inépuisable, propre et gratuite
  • Système réversible pour donner de la climatisation

 

Inconvénients ?

  • Nécessité d’un dimensionnement adapté et d’une installation par des professionnels spécialisés
  • Le coût financier de l’installation n’est pas négligeable. Des subventions existent et le temps de retour sur investissement se réduit de plus en plus.

 

 

6. B) PAC géothermique

Comment ça marche ?

La géothermie permet d’utiliser la chaleur stockée sous la croûte terrestre pour les besoins de chauffage d’un bâtiment. La source de chaleur captée va alimenter un système de radiateurs ou de plancher chauffant et produire de l’eau chaude

 

Avantages ?

  • Energie on ne peut plus verte puisqu’elle vient du sol, renouvelable et gratuite
  • Très performante et efficace : peut alléger vos factures jusque 70%

 

Inconvénients ?

  • Investissement financier important au départ
  • Nécessité d’un dimensionnement adapté et d’une installation par des professionnels spécialisés

 

 

6. C) PAC sur stockage géothermique inter-saisonnier – 14g CO2 e/kWh

Comment ça marche ?

De la chaleur renouvelable est stockée dans un champ de sondes géothermiques entre 100 et 200m de profondeur. Un fluide circule dans les sondes et permet l’échange de calories avec le sous-sol qui devient alors une véritable batterie.

 

Cette chaleur est stockée plusieurs mois pour répondre aux besoins énergétiques du bâtiment l’hiver. Ce principe est le même dans le sens inverse pour la climatisation.

 

Avantages ?

  • Consommer moins. La chaleur stockée l’été alimente des pompes à chaleur au rendement très élevé, ce qui réduit la consommation d’énergie finale.
  • Un unique système couvre vos besoins en chaleur et en froid sur toute l’année
  • Consommer mieux grâce à une source d’énergie renouvelable rendue disponible lorsque l’on en a besoin :

En plein été, lorsque les climatiseurs tournent à plein régime, le système énergétique récupère la chaleur fatale habituellement perdue des processus de climatisation de vos bâtiments. Lorsqu’il n’y a pas de climatisation, la chaleur renouvelable est produite à partir d’énergie renouvelable comme des panneaux solaires thermiques basse température ou un couplage pompe à chaleur – photovoltaïque.

 

Inconvénients ?

  • Nécessité d’un dimensionnement adapté et d’une installation par des professionnels spécialisés
  • Terrain de surface minimale pour installer les sondes

 

 

En bref

Une des réponses à ces problématiques réside dans la mixité énergétique. Le principe est simple : rassembler plusieurs énergies pour utiliser chacune d’entre elles à bon escient.

 

 

Actuellement, ce qui se fait le plus est de coupler à l’énergie fossile (gaz naturel, fioul ou électricité) une énergie renouvelable : bois, solaire ou pompe à chaleur. Le but est d’utiliser l’énergie la moins polluante et de se servir de l’énergie la plus polluante pour compléter l’offre. Elle aide chacun à baisser sa consommation d’énergie ainsi que le montant de ses factures.

 

 

A l’avenir, des associations plus intéressantes prendront place. L’alliance d’une pompe à chaleur et d’une chaudière sont est par exemple amenée à se répandre. La pompe à chaleur est utilisée au maximum des besoins, elle n’est complétée par la chaudière que lorsque les températures extérieures sont négatives, quelques jours par an.

 

 

Des innovations techniques, notamment grâce à l’Intelligence Artificielle, permettent une automatisation précise et adaptée de ces systèmes. Par conséquent, on consomme moins, on consomme mieux. Votre facture et la planète s’en réjouissent.

 

 

Sources : Ademe, Carbone 4, Accenta

1
2
3

Merci de mettre à jour votre navigateur pour continuer la navigation.