Non classé La compensation carbone : définition, exemples et mode d'emploi

19 octobre 2022 By Accenta

La compensation carbone offre la possibilité à tout un chacun de dédommager la planète à hauteur de la part inévitable de CO2 qu’il émet. C’est simple, si malgré vos efforts environnementaux, vous générez 6 tonnes de gaz à effet de serre, vous pouvez acheter 6 crédits carbone. Merveilleux, non ? En plus, ce dispositif de lutte massive contre le dérèglement climatique fonctionne à l’échelle mondiale, selon le principe d’universalité du CO2. Vous le savez, les gaz nocifs n’ont pas de frontières, nous sommes tous embarqués dans le même bateau. Alors, prêt à compenser l’impact carbone de votre entreprise ou celui de votre dernier périple en Patagonie ? Dans ce cas, partons (à vélo) à la découverte de ces places de marché où les unités de carbone se négocient comme des actions en bourse.

 

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Bien entendu, d’un point de vue écologique, ce commerce de carbone n’a de sens qu’après avoir tout mis en œuvre pour réduire vos émissions.

 

Si votre bâtiment est encore chauffé au fioul ou au gaz, il est vivement conseillé de commencer par troquer votre chaudière préhistorique par un équipement bas carbone alimenté par une énergie renouvelable et permanente.

 

Et si vous souhaitez carrément entrer dans une nouvelle ère énergétique, regardez un peu par ici.

 

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Que trouverez-vous dans cet article ?

 

  • Compensation carbone définition
  • Comment fonctionne la compensation carbone ?
  • ‍Les domaines d’application de la compensation carbone
  • ‍Label et certification bas-carbone
  • Comment calculer le prix de la compensation carbone ?
  • ‍Compensation carbone : quelques exemples d’actions

 

 

Compensation carbone : définition

 

Dit simplement, la compensation carbone est un dispositif universel destiné à contrebalancer les émissions de carbone responsables du dérèglement climatique.

 

Compensation carbone : de quoi parle-t-on ?

 

Pour être plus précis, voici la définition retenue par les 15 membres de la commission interministérielle d’enrichissement de la langue française, depuis 2019 :

 

c’est « l’ensemble des mesures techniques ou financières permettant de contrebalancer, en partie ou en totalité, les émissions, dans l’atmosphère, de gaz à effet de serre d’origine anthropique qui n’ont pu être évitées ».

 

Notez les derniers mots de la définition. Ils rappellent que la compensation carbone, en théorie, ne cible que la part incompressible des émissions de CO2.

 

 

Sources : ONG GERES – CO2 solidaire

 

 

Cette source de pollution inévitable peut être liée au fonctionnement d’une entreprise ou d’une industrie, mais aussi à nos actes quotidiens, comme les trajets indispensables en voiture.

 

Quelles sont ces serres qui se referment sur la planète ?

 

Les gaz à effet de serre (GES) résultants de nos activités sont les suivants :

 

  • Le dioxyde de carbone (CO2). Il représente 77 % des émissions, en grande partie imputables à la combustion des énergies fossiles (transport, industrie, chauffage, secteur agricole, etc.)
  • Le méthane (CH4), diffusé principalement par l’agriculture (déjections animales, élevage des ruminants, etc.)
  • Le protoxyde d’azote (N2O), issu de l’épandage d’engrais azotés et de l’industrie chimique
  • Les gaz fluorés contenus dans les systèmes de réfrigération et de climatisation (hydrofluorocarbures [HFC], hydrocarbures perfluorés [PFC], hexafluorure de soufre [SF6]

 

Ce sont donc ces gaz, responsables de l’effet de serre, qui sont à l’origine du dérèglement climatique.

 

‍Quelle est l’unité de mesure de la compensation carbone ?

 

Sur les marchés du carbone, on échange des unités qui peuvent être désignées par différents termes :

 

  • Le crédit carbone
  • Le quota carbone
  • L’URCE pour l’unité de réduction certifiée des émissions
  • La REC pour la réduction d’émissions certifiée

 

Quoi qu’il en soit, retenez que :

 

1 crédit carbone = 1 tonne d’équivalent dioxyde carbone (notée CO2eq)

 

 

Pour situer ce que représente 1 tonne de CO2eq, voici quelques ordres de grandeur :

 

  • L’ensemble de l’humanité émet environ 40 milliards de tonnes de CO2 par an (Ademe)
  • Un Français produit en moyenne 11 tonnes d’équivalent GES chaque année (Ademe)
  • L’Accord de Paris vise une consommation de 2 tonnes de CO2 /an/habitant à l’horizon 2050
  • Les échanges de mails d’une entreprise de 100 salariés génèrent en moyenne 13,6 tonnes de CO2 par an (Altospam)

 

D’où vient le principe de compensation carbone ?

 

L’idée de faire commerce des quotas carbone est issue du Protocole de Kyoto. Le premier accord mondial portant sur des objectifs communs de réduction des émissions de CO2 a été ratifié en 1997 par 172 pays.

 

En 2015, suite à la COP21, l’Accord de Paris apporte certaines précisions quant aux modalités de régulation.

 

La compensation carbone est-elle volontaire ou obligatoire ?

 

Chaque entreprise, collectivité ou particulier, peut librement contrebalancer ses émissions de GES en participant à l’un des dispositifs prévus à cet effet.

 

Néanmoins, la compensation carbone est obligatoire pour les 38 pays les plus industrialisés signataires du protocole de Kyoto ainsi que pour certaines entreprises.

 

En Europe, 11 000 sites, dont 1 000 en France, sont soumis à l’obligation réglementaire de compensation carbone ou « contribution carbone forfaitaire ». Il s’agit notamment de :

 

  • Centrales électriques
  • Sidérurgies
  • Raffineries de pétrole
  • Fabricants de ciment
  • Industries chimiques
  • Compagnies aériennes
  • Etc.

 

Volontairement ou à marche forcée, entrons à présent dans l’un de ces supermarchés du carbone.

 

Comment fonctionne la compensation carbone ?

 

Des marchés dédiés au commerce des GES, qui l’eût cru ? Pourtant ils existent depuis le début des années 2000.

 

Pour les obligés de la compensation carbone

 

Chaque année, les entreprises soumises à la législation carbone sont dotées d’un certain nombre de crédits carbone qu’elles ne peuvent dépasser sous peine de lourdes amendes.

 

Ces quotas sont déterminés par les autorités et peuvent aussi être achetés aux enchères sur le marché dit « primaire ». Ces plafonds légaux représentent en quelque sorte un permis d’émissions réglementaires.

 

Celui-ci est révisé à la baisse chaque année, afin d’approcher progressivement les objectifs validés par l’Accord de Paris : – 40 % en 2030, – 50 % en 2050 et – 60 % en 2050, pour essayer de maintenir le réchauffement de la planète en dessous du seuil fatidique de 2 °C.

 

Une fois les seuils d’émissions connus, deux scénarios sont possibles :

 

1. L’industriel concerné franchit son plafond, malgré les mesures prises pour les réduire au maximum. Pour compenser, il peut :

 

  • Acheter des crédits carbone à hauteur du surplus d’émissions constaté
  • Réaliser un emprunt de quotas (borrowing) qui consiste à anticiper l’utilisation de futurs crédits

 

2. L’industriel n’atteint pas sa limite de quotas carbone, auquel cas il peut :

 

  • Faire valoir son solde GES sur une période ultérieure
  • Vendre les unités carbone non utilisées.

 

De fait, on observe l’émergence d’un marché carbone basé sur l’offre et la demande de crédits, comme l’ont imaginé les signataires du Protocole de Kyoto.

 

Pour les volontaires

 

La compensation carbone spontanée repose sur le même principe commercial. Le CO2 économisé à un endroit est mis en vente sous forme de crédits carbone. Libre à chacun d’en acheter à hauteur de ses propres émissions.

 

Si par exemple votre empreinte carbone est de 10 tonnes par an, vous pouvez acquérir 10 REC (réduction d’émissions certifiée)

 

De la même manière, une entreprise ou une collectivité écoresponsable peut compenser la part incompressible de son impact carbone.

 

En 2020, 190 millions de tonnes de CO2eq ont ainsi été épargnées à la planète (pour 40 milliards diffusés), dont 11 millions en France.

 

D’où proviennent les crédits carbone mis sur le marché ?


Le système de permis d’émissions négociables (Emissions Trading Schemes [ETS]), autrement dit le marché du carbone, est alimenté par des économies de GES réalisées par :

 

  • Des assujettis qui n’ont pas atteint leurs quotas carbone
  • Des porteurs de projets de limitation ou de séquestration du CO2

 

Dans le premier cas, si une compagnie aérienne dispose d’une quote-part de 10 000 tonnes de CO2eq annuelles et n’en consomme que 8 000, elle est alors habilitée à vendre 2 crédits carbone.

 

Dans le second cas, il s’agit de porteurs de projets labellisés et dûment autorisés à commercialiser les émissions évitées.

 

Le marché du carbone met donc en relation différents types d’acteurs :

 

  • L’obligé déficitaire et payeur
  • L’obligé excédentaire et vendeur
  • L’acheteur volontaire
  • Le porteur de projet vendeur

 

Où se négocient les crédits carbone ?‍

 

Les industriels soumis à des plafonds carbone peuvent acheter aux enchères des crédits supplémentaires à l’État sur le marché primaire.

 

Sur le marché secondaire, ça se passe un peu comme en bourse. Les URCE (unités de réduction certifiée des émissions) s’échangent :

 

  • Directement de gré à gré
  • En passant par des intermédiaires

 

Notez qu’il existe aujourd’hui 68 places de marché sur lesquelles s’effectuent les transactions. Des pays et même des provinces disposent de leur propre bourse carbone. De fait, les espaces de négoce sont plutôt hétérogènes, tout comme les prix pratiqués.

 

En Europe, le SEQE « Système européen d’échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre » régule 11 000 sites industriels ; soit 45 % des GES émis sur notre vieux continent.

 

Pour la petite histoire, inauguré en 2001, le SEQE était alors pionnier dans le domaine. En comparaison, la Chine, leader incontesté de la pollution mondiale, n’a lancé son marché carbone qu’en 2021.

 

Vous voudriez voir concrètement la nature des transactions réalisées sur ces places ? Il suffit de vous rendre (toujours à vélo 😉) sur les sites internet des marchés dédiés au carbone. En principe, le prix, la quantité et l’origine des URCE échangées sont rendus publics.

 

Quel est l’impact de la compensation carbone dans le monde ?

 

La part des émissions mondiales de gaz à effet de serre, couverte par les dispositifs de compensation carbone, est en nette progression :

 

  • 4 % en 2005
  • 12 % en 2015, selon la Banque mondiale
  • 55 % en 2022 selon l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE)

Pourtant, il demeure un déséquilibre entre l’offre et la demande, les acheteurs restent plus nombreux que les vendeurs. Cet état de fait laisse penser que certaines entreprises dépassent régulièrement les quotas alloués.

 

En 2021, les crédits carbone disponibles sur les marchés ont même diminué de 50 %. Il faut préciser que le CO2, évité ou séquestré par une action menée à cet effet, peut mettre jusqu’à 5 ans avant de se transformer en unités négociables.

 

Quoi qu’il en soit, la commercialisation du carbone mondial incite et oblige les plus gros pollueurs de la planète à réduire d’une manière ou d’une autre les émissions de CO2 :

 

  • En finançant des projets écologiques qui, de fait, connaissent une croissance inédite
  • En appliquant eux-mêmes des mesures drastiques en faveur de l’environnement

 

En somme, le système de tarification carbone décidé à Tokyo nécessite encore d’être ajusté et surtout unifié, mais son développement est de bon augure pour la lutte contre le dérèglement climatique.

 

Vous êtes tenté d’entreprendre une opération de réduction ou de séquestration de carbone ? Voyons quels champs d’action vous pourriez cultiver.

 

‍Les domaines d’application de la compensation carbone

 

Tout à l’heure, nous répertoriions les secteurs d’activité les plus émetteurs de CO2 (production d’électricité, aviation, chimie, etc.) ; voici ceux dans lesquels il est possible de capitaliser des crédits carbone.

 

Les actions de séquestration du CO2 par la création de puits carbone naturels

 

Les océans, les forêts, les mangroves, les premiers centimètres de croûte terrestre sont autant de réservoirs naturels de carbone. Quand on les laisse faire, leur magie consiste à pomper et stocker naturellement une partie du carbone qui étouffe l’atmosphère.

 

Malheureusement, ces puits de CO2 sont contrariés depuis plus de 200 ans par l’activité humaine. Des actions adaptées sont alors nécessaires pour préserver ou accroître leur capacité de séquestration.

 

C’est pourquoi ce type d’opération est éligible aux dispositifs de compensation carbone. Voici quelques exemples :

 

  • Pour que les forêts absorbent plus de gaz carbonique qu’elles n’en diffusent, il est indispensable d’agir pour la reforestation de certaines zones. Pas n’importe quel reboisement ! Certains arbres, comme les conifères et les chênes, ingèrent plus de CO2 que d’autres.

 

  • L’agriculture intensive appauvrit les sols et réduit ses capacités de stockage de GES. Les projets d’agriculture régénératrice revitalisent la terre qui retrouve ainsi son potentiel de séquestration (voir le dernier chapitre consacré aux exemples d’action).

 

  • Réchauffement, pollution et acidité, les océans peinent à remplir leur fonction d’absorption des gaz nocifs. Les opérations dédiées à les protéger font également partie des domaines d’application de la compensation carbone.

 

Le saviez-vous ?

 

Selon Planetoscope, les océans capturent chaque seconde 800 kg de gaz à effet de serre, soit 25 millions de tonnes chaque année.

 

Les actions de réduction des émissions de gaz carbonique

 

Chaque activité humaine engendre un coût carbone. Certaines démarches dans les secteurs les plus énergivores et/ou pollueurs contribuent à diminuer à grande échelle les émissions de GES.

 

  • Le recours aux énergies renouvelables permanentes, comme la géothermie
  • La décarbonation massive des bâtiments par des procédés innovants comme le géostockage (voir le dernier chapitre consacré aux exemples d’action)
  • La gestion efficace des déchets, afin de limiter la propagation du méthane, notamment dans le cas de décharges ouvertes encore récurrentes dans les pays en voie de développement
  • Les projets dédiés à baisser significativement les consommations d’énergie (certaines installations énergivores, comme le chauffage et la climatisation, concentrent près de 90 % de la consommation)

 

De nombreuses autres actions sont possibles. Gageons qu’à l’instar du géostockage, les progrès de la science et la créativité d’opérateurs engagés permettront d’étendre la liste par des initiatives innovantes.

 

Néanmoins, pour monnayer le CO2, il ne suffit pas d’équiper votre bâtiment d’ampoules à LED (Light-Emitting Diode). Les opérations de compensation carbone, pour être habilitées, doivent être d’envergure et répondre à certains critères. Le timing est excellent, puisque c’est justement ce dont nous allons parler.

 

‍Les labels et certifications bas-carbone

 

Vous êtes toujours partant pour développer une action de compensation carbone ? Dans ce cas, elle doit être reconnue par un label. Nous vous présentons les principaux.

 

Le label bas-carbone

 

Au niveau national, le label bas-carbone a été institué en 2018 par le ministère de la Transition écologique dans le cadre des engagements climat de la France (Décret n° 2018-1043 du 28 novembre 2018 créant un label Bas-Carbone).

 

En 2021, il concernait une centaine de projets pour une économie de 300 000 tonnes de CO2. Ses promoteurs en attendent au moins 3 fois plus, soit l’équivalent de l’activité annuelle de

100 000 français.

 

Les objectifs du label français

 

Le label bas-carbone s’appuie sur les objectifs suivants :

 

1. Garantir un cadre qualitatif et performant aux opérations génératrices de crédits carbone. Son référentiel a été récemment mis à jour par l’arrêté du 11/02/2022.

 

2. Encourager les chefs d’entreprises à participer au financement des actions en proposant un statut de « partenaire du label bas carbone » : une contrepartie valorisante pour l’image de l’entreprise.

 

3. Faciliter la mise en relation entre porteurs de projets environnementaux et financeurs par la création d’une plateforme dédiée (à venir).

 

Les critères d’éligibilité du label bas-carbone

 

Pour être éligibles au label bas-carbone, les projets soumis doivent à minima intégrer ces caractéristiques :

 

  • La conformité du projet à une méthode approuvée par le ministère de la Transition écologique
  • Le suivi et l’évaluation de l’action à partir d’indicateurs issus d’un référentiel reconnu
  • L’additionnalité qui consiste d’une part à démontrer les bénéfices réels de l’action par rapport à une situation de référence ; d’autre part, à prouver que l’opération a bien été financée par les crédits carbone ; et enfin, que les performances dépassent les normes en vigueur
  • La vérification des quantités de CO2 évitées ou stockées par un organisme indépendant
  • La permanence des résultats pendant une durée minimale de 7 ans

 

Le fonctionnement du label bas-carbone

 

Depuis le mois de mars 2022, l’instruction des dossiers, le suivi et la vérification des projets sont assurés par les Directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL). Le processus de labellisation est donc du ressort des préfets de région.

 

Si vous êtes porteur d’une action de compensation carbone, voici les grandes étapes de la démarche :

 

1. Rendez-vous sur le site dédié (en scooter électrique cette fois ?) pour remplir un formulaire de demande de label bas-carbone.

 

2. Si votre requête est validée, vous êtes alors invité à décrire précisément votre projet avec l’appui de certains documents à transmettre.

 

3. Les services du Préfet disposent d’un délai de 2 mois pour vous informer de sa décision. En cas d’obtention du label, votre projet est inscrit sur le registre prévu à cet effet et consultable par les financeurs.

 

4. Le cas échéant, vous êtes directement contacté par un investisseur séduit par votre initiative.

 

5. Une fois l’action en cours, il vous revient de solliciter un audit auprès d’un opérateur indépendant.

 

6. Lorsque les résultats de l’expertise sont connus, il reste à faire une demande de reconnaissance des émissions évitées.

 

Si vous souhaitez financer un projet de compensation :

 

1. Commencez par vous inscrire ici.

 

2. Les autorités vous attribuent un numéro de financeur.

 

3. Ensuite, consultez le registre des actions finançables.

 

4. Une fois l’engagement choisi, contactez le porteur du projet grâce aux coordonnées mentionnées sur le registre. Celui-ci doit alors enregistrer sur sa fiche action les modalités de votre accord.

 

Vous voulez en savoir plus ? Téléchargez le guide pédagogique du label bas-carbone.

 

N.B. Certains détails du processus sont susceptibles d’évoluer dès que la plateforme dédiée sera en ligne.

 

Les autres certifications de compensation carbone

 

À l’échelon international, d’autres certifications cohabitent selon une logique globalement similaire à celle du label français. Citons parmi les plus sollicités en France :

 

  • VERRA, une organisation américaine fondée en 2007 (86 % des crédits carbone vendus en France en 2020 pour 26 % des projets)
  • Gold Standard créé en 2003 par différents organismes écologiques, dont la célèbre WWF (11 % des crédits carbone vendus en France pour 23 % des projets)

 

À titre de comparaison, le label bas-carbone regroupe 30 % des projets financés en France en 2020 pour (seulement) 1 % des crédits carbone.

 

Le CDM : un dispositif à part

 

Un petit mot sur le Clean Development Mecanism ou mécanisme de développement propre : créé en 2001 sous l’égide de l’ONU, il est prévu dans l’article 12 du Protocole de Kyoto.

 

Les projets financés dans le cadre du CDM (2 % des crédits carbone vendus en France pour 4 % des projets) s’adressent prioritairement aux pays en développement. D’ailleurs, une partie des sommes générées alimente directement le Fonds d’adaptation en faveur des populations les plus vulnérables.

 

Comment calculer le prix de la compensation carbone ?

 

Après réflexion, vous ne vous sentez pas encore prêt à endosser le rôle de porteur de projet ? Qu’à cela ne tienne, vous pouvez entreprendre une démarche volontaire de compensation de votre empreinte carbone annuelle.

 

Voyons combien cela pourrait vous coûter. Pour ce faire, il faut d’abord connaître le nombre de tonnes de CO2 diffusés annuellement, puis le multiplier par le montant d’un crédit carbone. Limpide, non ?

 

Calculez votre empreinte carbone

 

La démarche est différente pour les particuliers et pour les entreprises.

 

Un simulateur pour les particuliers

 

À titre personnel, le procédé est simplissime. Il suffit d’utiliser l’un des nombreux simulateurs disponibles sur le Web. Nous vous suggérons celui-ci, il est agréé par le gouvernement et l’Ademe.

 

Quel que soit le calculateur employé, les critères d’évaluation restent globalement les mêmes :

 

  • Vos modes de transport
  • Vos habitudes alimentaires
  • Les caractéristiques de votre logement
  • L’utilisation que vous faites des services publics
  • Et d’autres paramètres, comme l’emploi des outils numériques, vos méthodes de recyclage, etc.)

 

Un bilan carbone pour les entreprises

 

Ça se complique un peu pour votre entreprise. Pour avoir une estimation correcte, vous devrez probablement réaliser un bilan d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) ou bilan GES, selon une méthodologie expliquée par la norme ISO 14064-1 : 2018.

 

Bon à savoir :

 

L’article L 229-25 du code de l’environnement précise que les entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer) ont obligation de réaliser un bilan GES tous les 4 ans. Les collectivités et services de l’État sont soumis à cette même obligation tous les 3 ans.

 

Par ailleurs, le coût d’un bilan GES varie de 15 000 € à un plafond de 100 000 € pour les plus grosses sociétés. Il peut faire l’objet d’une aide financière de l’Ademe qui peut couvrir jusqu’à 70 % du montant total.

 

Quel est le prix de la tonne de CO2 ?

 

Le prix de la tonne fluctue en fonction de la loi de l’offre et de la demande qui anime les différents marchés, mais aussi selon les caractéristiques de l’action à l’origine des crédits carbone :

 

  • La zone géographique
  • Le type de certification
  • Le type et donc le coût de l’activité
  • Les co-bénéfices
  • Le nombre d’intermédiaires et les commissions
  • Le volume de crédits achetés

 

Ce tableau récapitule le prix moyen des quotas carbone vendus en France, en 2020 :

 

Sources : Info Compensation Carbone : État des lieux de la compensation carbone en France – édition 2020

 

Vous disposez à présent de tous les éléments pour connaître le prix de votre compensation carbone annuelle :

 

  • Convenons qu’en 2021 vous avez produit 5 tonnes de CO2eq/an, car vous faites de sérieux efforts pour tendre vers l’objectif visé par l’Accord de Paris (2 tonnes de CO2 / an / habitant)
  • Imaginons que vous participiez au financement d’un projet d’efficacité énergétique à 8,52 € la tonne.
  • La compensation de votre quote-part de CO2 généré en 2021 coûte alors 42,60 € (rappelez-vous que les tarifs ont un peu augmenté depuis 2020)

 

Après ces calculs mathématiques d’une grande intensité, reprenons notre bicyclette. Allons sur le terrain pour observer 2 actions créatrices de crédits carbone.

 

‍Compensation carbone : quelques exemples d’actions

 

Vous voilà officiellement co-financeur d’une action de compensation carbone. Quoi de plus normal que de vérifier son impact environnemental ?

 

La création de puits carbone naturels par l’agriculture régénératrice

 

Selon le Réseau Action Climat-France, les premiers centimètres des sols de la planète engrangent 3421 gigatonnes (Gt) de gaz carbonique. (nous avions vu que l’humanité entière produit 40 Gt chaque année).

 

Comme les océans et les forêts, la terre présente une immense capacité de stockage de CO2. Or, nous l’avons évoqué, celle-ci est altérée par l’agriculture intensive. Place donc à l’agriculture régénératrice !

 

En quoi consiste ce mode d’éco-agriculture ? Simplement à réintroduire le vivant et la biodiversité dans les sols exploités afin d’augmenter leur teneur en matière organique.

 

Ce type d’action, également appelée agriculture de conservation, implique plusieurs mesures environnementales de la part de l’exploitant :

 

  • Supprimer les produits phytosanitaires minéraux, autres engrais azotés au profit de fertilisants organiques
  • Réduire les labours en privilégiant le semis direct
  • Changer régulièrement de variété de culture
  • Développer les haies de protection naturelle et l’agroforesterie qui consiste à faire cohabiter agriculture, élevage et arbres sur un même domaine

 

En adoptant ces procédés, la terre retrouve naturellement sa fertilité et sa capacité de séquestration du CO2.

 

Le saviez-vous ?

 

Selon le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, une hausse annuelle de 0,4 % de CO2 dans les sols neutraliserait son augmentation dans l’atmosphère.
À contrario, l’agriculture intensive est actuellement à l’origine d’un quart des émissions de GES dans le monde.

 

La décarbonation massive par géostockage

 

Autre action bigrement efficace : cette fois, il s’agit d’évitement de CO2 et d’économie d’énergie. Depuis quelques années, plusieurs sites industriels et tertiaires français gèrent leur énergie par géostockage. Ce procédé révolutionnaire réduit jusqu’à 95 % des émissions de CO2.

 

Le génie de cette action repose sur l’addition de plusieurs technologies de pointe :

 

  • L’alimentation du site par un mix d’énergies renouvelables. L’énergie géothermique captée dans le sol est renforcée par un dispositif solaire et par la récupération de la chaleur fatale issue, par exemple, des climatiseurs.
  • Le stockage intersaisonnier de l’énergie dans les roches souterraines disponibles sous les bâtiments alimentés. Ceux-ci disposent dès lors de réserves de chaleur et de froid injectables à tout moment selon les contraintes.
  • La gestion dynamique des énergies et des équipements par une plateforme de conduite continue. Elle analyse les besoins thermiques en temps réel à partir d’indicateurs tels que le taux d’occupation, le niveau de luminosité ou l’anticipation des prévisions météorologiques. Résultat : les bonnes énergies sont engagées au bon moment en évitant ainsi les consommations inutiles liées aux systèmes à planning fixe.
  • Le tout est supervisé par les algorithmes des logiciels qui assurent un pilotage intelligent et cohérent de l’ensemble.

 

Cette agglomération de technologies énergétiques a été mise au point par un collectif d’ingénieurs français dont font partie Accenta, Mines Paristech, l’École polytechnique et le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière).

 

Son efficacité a d’ailleurs été récompensée en 2021 par l’Ademe et le ministère de la Transition écologique dans le cadre des programmes Greentech Innovation.

 

Le géostockage n’en est plus à la phase d’expérimentation : il répond aux besoins de plus de 7 millions de m2 de bâtiments publics et privés, dont ceux de Décathlon, Airbus, Eurovia Vinci, Monoprix, Prologis, etc.

 

Au fait, 95 % de CO2 évités par rapport à une chaufferie au gaz par exemple, ça représente combien de crédits carbone ? Ça doit sans doute vous donner des idées. Enfourchez vite votre vélo, on se retrouve chez Accenta. Oui, Accenta, l’inventeur du géostockage !

 

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Sources et liens utiles :

 

 

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